Eclats – Relier

Eclats – Relier

Deux carnets Pages blanches conçus par la designeuse Alice Etcaetera.
Encres, crayon, cendres, miettes, colle, rouge à lèvres, poudre, crayon, stylo.
Eclats (2018) fait partie de l’exposition Pages blanches (Barcelone, Shangaï, Paris).
Relier (2020) a été commencé en septembre 2019.

Relier l’oeuvre et ses brouillons. Relier la page à l’écrit.

Dans le mot « littérature » on peut entendre « lis tes ratures », pour écrire il me faut donc essayer, raturer, relire – d’autant plus que j’écris de la poésie, genre exigeant un travail de la langue extrême.

Je ne saurais me passer de cette première étape de rencontre entre le stylo et le papier, de cet ancrage des mots dans la matière.
Mes carnets sont à la fois simples et précieux, je les choisis avec soin, ainsi que mes stylos.

Avec le carnet Pages blanches conçu par Alice Etcaetera, j’ai poussé l’expérience bien plus loin, notamment grâce à la variété des papiers.
J’ai senti à quel point leurs diverses qualités influençaient mon écriture. Des papiers vers lesquels je ne serais jamais allée spontanément m’ont permis d’explorer ma langue.

J’ai eu envie également de jouer avec le papier. Alors que je découpais- dessinais-écrivais dans le train, une jeune fille s’est intéressée à ce que je faisais et m’a donné des idées, je l’ai donc invitée à participer au carnet. Ensuite j’ai proposé à mon fils.

J’aime tout particulièrement ces interventions, qui disent combien l’écriture se nourrit de tout et de tous, notamment de l’enfance et du jeu.
La seule règle du jeu était de mêler mots et image.

C’est en effet ce que j’ai souhaité explorer avec ce carnet, sa dimension et certaines de ses pages s’y prêtant tout particulièrement. Ainsi Éclats explore le dialogue entre le toucher, la voix et l’image.
“Éclats” pour la lumière, pour les éclats de voix, mais aussi pour l’accumulation de fragments, modestes. Comme autant de chemins, de possibles, qui s’offrent à moi et que j’offre à qui s’en saisira.

J’ai eu envie de tenter de nouveau l’expérience de ce carnet contenant dix variétés de papiers blancs différents, ce qui me semblait particulièrement approprié à un travail chez celui que l’on associe tant à la page blanche.

Ce carnet est présenté dans l’exposition à côté de ceux des élèves de la Seconde Mallarmé.

« Les dessins d’hommes de lettres ont toujours un attrait exceptionnel pour le public qui croit voir, sur le papier de Hollande ou du Japon, comment l’image, indépendante des mots et de la Beauté de la phrase, se présente, nue, à l’esprit du poëte ou du romancier. »

Stéphane Mallarmé

Relier sur la toile

araignée

Oeuvres reliées

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